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DANS LE JOURNAL : lycéens et collégiens sensibilisés au délit du cyber-harcèlement

Par admin theophilegautier, publié le mardi 17 avril 2018 18:37 - Mis à jour le mardi 17 avril 2018 18:37
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Ce lundi 16 avril, un groupe d'élèves constitué principalement de délégués de classes, participait à un forum au sujet du cyber-harcèlement à la bibliothèque Niemeyer.

Paru dans le quotidien PARIS-NORMANDIE à l'adresse suivante :

www.paris-normandie.fr/actualites/societe/au-havre-lyceens-et-collegiens-sensibilises-au-delit-du-cyber-harcelement-OD12776822

 

Numérique. Deux événements ont permis de sensibiliser les Havrais à l’usage des réseaux sociaux. Des adolescents ont pu aborder le cyberharcèlement tandis qu’une plate-forme d’aide entre voisins se faisait connaître.

Ils sont nés dedans et en ont une approche totalement décomplexée. Être collégiens ou lycéens aujourd’hui, c’est, au nom de cette « popularité » virtuelle qu’ils vénèrent, passer une partie conséquente de sa journée devant un écran. 15 h par semaine pour les 13-19 ans en 2017. Écran d’ordinateur, mais plus encore de smartphone, possédés par 81 % d’entre eux. En 2017, 79 % de ces mêmes 13-19 ans possédaient un compte sur Youtube, 77 % sur Facebook, 57 % sur Snapchat. Une sphère dans laquelle ils évoluent avec aisance. Un monde où se nichent des chausse-trappes, voire de réels dangers.

L’Association numérique actions solidaires (ANAS) organisait, hier, son premier forum solidaire. Au programme, notamment, de ce nouveau rendez-vous sous le puits de lumière de la bibliothèque Niemeyer, une conférence-débat sur le cyberharcèlement (intimidation, fausse rumeurs diffusées sur les réseaux numériques le plus souvent par des anonymes) à laquelle assistait une centaine d’élèves des collèges Claude-Bernard et Théophile-Gauthier ainsi que du lycée Jules-Siegfried.

« Tu ne sers à rien dans la vie », « Ce garçon s’est suicidé à cause de moi... », « On a eu de bonnes rigolades avec mes potes sur le dos de ce pauvre gars... », « Ce n’est rien, ce n’était qu’un jeu ». Fin de la projection de vidéos. Silence. Quelques sourires nerveux, puis une gêne palpable chez les adolescents. L’intervention salvatrice de la troupe des Improbables viendra détendre une atmosphère pesante. Il n’y a guère que Telmo, élève de 4e à Théophile-Gautier, pour poser des questions, notamment sur la responsabilité juridique des auteurs (ndlr : 3 ans d’emprisonnement, 30 000 € d’amende). « Il fallait que je le fasse pour les autres même si moi je ne connais personne, touché par le cyber-harcèlement. »

 

Rares dépôts de plainte

Briser la glace, c’est évidemment le défi que tentent de relever, au quotidien, les acteurs de la vie scolaire. « Vous, les élèves, vous êtes souvent les premiers témoins. On a vraiment besoin de vous », lance comme un appel Charly Eliès, conseiller principal d’éducation au collège Claude-Bernard. « Derrière, chaque établissement à un référent police ou gendarmerie prêt à accueillir la victime. Si les affaires ne sont pas connues, il y a rarement dépôt de plainte. Car culturellement c’est parfois difficile de le faire. Plus encore si cela concerne son enfant et a fortiori si cela porte sur sa nudité voire sa sexualité. »

Les établissements n’attendent évidemment pas pour prendre le problème à bras-le-corps. « Depuis cinq ans dans notre établissement nous avons mis en place une médiation », relève Karine Godquin, documentaliste à Théophile-Gautier. « Une élève a participé au prix national « Non au harcèlement ». Nous créons une émission de radio sur ce même thème. Enfin, nous avons recruté un service civique qui travaille sur le décrochage scolaire. Il peut être parfois la conséquence d’un harcèlement. » Selon la jeune femme, prénommée Omayma, « les élèves ont plus de facilité à venir me parler. Ils ne me voient ni comme une surveillante, ni comme une enseignante. » À noter qu’il est également possible de joindre le numéro national contre le cyberharcèlement au 0800 200 000.

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